Le fabuleux voyage de mon sandwich au thon
(Éditorial inspirant tiré de la lettre d’info de février 2026 de l’Îlot des Combes)
Il est midi. Mon estomac crie famine et ma motivation à cuisiner est proche du niveau zéro. Aujourd’hui, c’est mission «sandwich industriel». Et une telle mission ne peut être confiée qu’à des experts. Des géants. Des multinationales (on va dire MN pour faire chic et parce que je suis trop feignant pour l’écrire en entier).
En route vers le temple malbouffe, mon très cher MN Carrefour (je positive !). Comme marcher, c’est un sport, j’opte pour ma voiture fournie par la MN Renault. Et ce n’est pas un hasard, je passe par MN TotalEnergies pour mettre un peu d’essence dans mon bolide (enfin, ma Clio). Avant de partir, petit check sur mon iPhone (maintenant, je pense différemment, merci MN Apple) et grâce à MN Google je vérifie que le temple est bien ouvert. Ouf, c’est bon. J’enfile mes baskets MN Nike (Just Do It) et je fonce.
Me voilà dans l’antre climatisée de Carrefour. Mon objectif : un sandwich au thon triangulaire, emballé sous film plastique. Je m’empare du butin du jour, issus de la pêche massive d’un thonier appartenant à une MN du secteur maritime, transformé par une MN de l’agroalimentaire (Findus), mélangé à une mayo fournie par la MN Unilever (par amour du goût, j’ai bien sur opté pour Amora !).
Pour accompagner ce festin, une canette de MN Coca-Cola (même pas mon prénom sur la canette. Trop nul !). Et pour la touche sucrée, un paquet de biscuits de la MN LU (parce qu’un repas équilibré, c’est important !).
Je passe à la caisse. La caissière scanne mes achats avec un terminal de paiement de la MN Worldline. Je paye avec ma carte Visa de la MN BNP Paribas. L’argent, c’est aussi une histoire de multinationales.
De retour chez moi, place au spectacle. Je déchire l’emballage plastique, probablement conçu à partir de pétrole de MN TotalEnergies (encore eux, ils sont partout !) et transformé par un spécialiste de l’emballage comme MN Amcor. MN Netflix me tient compagnie. Trop bien !
Le sandwich avalé en 30 secondes, me voilà face à mes responsabilités écologiques. Je trie consciencieusement l’emballage, qui partira dans les flux de recyclage gérés par des géants comme MN Veolia ou MN Suez, qui se débrouilleront avec (enfin, j’espère). Merci en encore à MN Total Energie pour le fuel des camions poubelles (décidément !)
Puis, je fais ma vaisselle avec l’eau rendu potable grâce à… devinez quoi ? Les usines de traitement de la MN Veolia ! Et le produit vaisselle que j’utilise est signée MN Unilever (Sun).
Me voilà rassasié. Vous imaginez que j’ai réussi sans bouger de mon canapé à activer une bonne partie de l’économie mondiale. Finalement, être feignant, c’est peut-être le métier le plus connecté qui soit.
Puis, une pensée révolutionnaire m’a frappé : en ces mêmes 40 minutes, j’aurais très certainement pu me faire un sandwich bien plus noble, du style Aubergine-Tomate-Fromage de chèvre, entièrement local. Avec des produits du jardin (MN Nature, ma préférée), un peu de pain fait maison avec la farine de mon meunier local (sa multinationale à lui, c’est son chat et son fournil), et du fromage de chèvre frais acheté directement à la productrice du marché (MN troupeau de chèvre). Plus besoin d’iPhone, de voitures, d’emballages, …
Du coup, oui, c’est officiel : je peux fonctionner sans eux. Trop fort.
Mais la vraie question n’est pas seulement de savoir si l’on peut s’en passer ponctuellement — c’est d’imaginer comment construire des modes de vie réellement moins dépendants de ces acteurs devenus omniprésents.
Parmi les pistes possibles, la permaculture propose justement une approche globale pour repenser notre manière de produire, de consommer et d’habiter le monde, en cherchant plus d’autonomie, de résilience et de cohérence avec le vivant.
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L’Îlot des Combes est un éco-lieu, oasis ressource, qui a été actif de 2015 à 2024 au Creusot (71). Aujourd’hui, l’Îlot des Combes n’est plus un lieu ouvert au public, mais le projet, lui, ne s’arrête pas complètement. Nous réfléchissons activement à la transmission de ce lieu et de ce qu’il représente, afin que tout le travail accompli, toute l’énergie donnée et toutes les valeurs portées puissent, d’une manière ou d’une autre, continuer à vivre.


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